Les vices cachés de la pensée positive






Je n’aurais pas mis entre guillemets un concept que je trouve stérile. Quand on met une idée entre guillemets, c’est que son application n’est pas à la hauteur de son potentiel. La « démocratie », par exemple, est mise entre guillemets dans les textes d’auteurs qui y croient quoiqu’ils n’aiment pas la forme qu’elle prend aujourd’hui. Or, je n’aime ni la « pensée positive » telle qu’on y adhère autour de moi ni la pensée positive tout court. Je ne pense pas qu’on pourrait l’améliorer. Voici mes explications :

Premièrement, c’est une culture superficielle et naïve qui occulte l’ambivalence humaine.

Deuxièmement, c’est un outil promotionnel qui n’a aucune signification concrète pour ceux qui en font usage.

Troisièmement, c’est un agent de contrôle psychologique au service d’une doctrine capitaliste en grand besoin de productivité et d’espoir béat.

Quatrièmement, la pensée positive génère des complexes chez les gens qui n’ont pas la force de toujours se comporter en rayons de soleil, c’est-à-dire chez tout le monde.

Cinquièmement, elle n’est rien de plus qu’un détritus au confluent des réseaux sociaux (vecteurs d’un culte de la personnalité factice), de la publicité et de la psychopop.

Sixièmement, elle perpétue le mythe du bonheur comme condition essentielle de l’équilibre affectif, ce qui entraine dépression et isolement.

Septièmement, elle réduit les conversations de tous les jours à peau de chagrin, à de simples encouragements.

Huitièmement, elle contribue à bannir du dialogue social tout discours lucide ou nuancé en ce qui a trait au développement personnel et à la croissance économique.

Neuvièmement, cet hédonisme magique de l’autosatisfaction instantanée remplace les morales pédagogiques plutôt centrées sur la vertu et le long terme, celles qui aident à grandir.

Dixièmement, la pensée positive passe sous silence de nombreux faits tragiques qu’elle n’est pas capable d’expliquer ni de régler, la famine et le viol par exemple.

Onzièmement, en les poussant à l’hypocrisie, elle divise les gens et, à la fois, resserre le code social autour de valeurs spectaculaires.

Douzièmement, sous le couvert de l’autonomisation, elle diffuse des idéaux néfastes pour l’actualisation de soi : standards de beauté, richesse, etc.






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